La Transgrancanaria - Compte Rendu

Bonjour à tous, nous sommes le 22 février, après avoir passé 4 jours dans le Caroux avec la famille Guillon, nous voilà sur la route en direction de Barcelone pour prendre l'avion pour la Gran Canaria, l'île la plus grande de l'archipel des Canaries.

Le voyage est très agréable sous un soleil magnifique qui nous donne des vues extraordinaires sur les Pyrénées et la Costa brava.
Après quelques heures de vols nous arrivons à destination, la température est de 22°, un hasard puisque mon numéro de dossard sera le 22. Nous récupérons notre voiture de location et nous prenons la route en direction de Vicindario, une petite ville tranquille où se trouve notre logement loin des grands hôtels où il se passe des choses pas très catholiques.

Nous passons une petite semaine bien sympathique à se balader entre montagne et océan tout en y incluant une petite séance de sport par jour. Quelques jours avant la course, Coincoin, Marie et Romain nous rejoignent, la Waafamily est presque au complet, il nous manque juste notre Vince national qui a troqué ses hokas contre des skis en cette période de l'année et Cyr qui est submergé de réunions, enfin cela ne nous empêche pas de penser très fort à eux.

Le jour de la course arrive très vite, nous commençons par participer à la conférence de presse ou nous donnons quelques interviews,mais cela tourne très vite au délire, avec Coincoin on décide d'aller prendre une waature de golf pour aller faire un tour, et bien c’était une belle partie derigolade,on aurait dit deux 007 en costard à la poursuite de James Bond girls.

Allez fini les conneries, il faut aller chercher notre dossard, on est déjà à la bourre avant la course.
Arrivées au Palais des congrès, nous rencontrons pas mal d'amis et d'organisateurs et nous en profitons pour discuter de trail, je ne sais pas pourquoi,nous n'aurions pu parler politique non ?
De retour à la maison,nous mangeons un bon repas avant de faire la sieste car le départ de la course est prévu à minuit.

Le reste de l'après midi est consacré à finaliser notre Ultrabag 3 litres et d'expliquer nos besoins à l'équipe choc d'assistance sur les 4 ravitaillements autorisés.
Vingt deux heures nous prenons la route en direction de la ville d'Agaete dans le nord ouest de l’île au bordde l'océan. Arrivée à bon port, nous tombons sur un monde incroyable, le speaker est très chaud au micro pendant que la fanfare nous joue des morceaux traditionnels. Un dernier petit pipi et nous partons sur la ligne de départ, il y a un sacré plateau mais pas de fruit de mer, franchement si j'arrive dans les 15 premiers je serai heureux.
Nous sommes tous les 3 très décontractés si bien que nous trouvons encore le moyen de blaguer.
Le compte à rebours est donné 10.9.8.7.6.5.4.3.2.1.bamos.

Nous voilà parti pour 128 km avec 7500 m+.
Je prends vite la tête de course comme l'année dernière avec Coincoin et un autre français mais nous sommes suivi d'une guirlande de frontales, le début de parcours est constitué d'une bosse de 1300 m + sur 9 km.
Au bout de 5 km toujours du monde à nos baskets, coincoin prend le relais et je décide de ralentir le rythme afin qu'il prenne un peu le large, moi je ne peux pas accélérer, je suis en permanence entrain d'écoper mes narines et mes bronches de glaires dignes d’huître de Marraine Oléron, se sont les restes de ma maladie qui remonte à 10 jours, le vent glacial et la petite pluie n'arrangera pas les choses.
Nous arrivons bientôt au ravitaillement,Timoty Olson décide d'attaquer, il est vite suivi de Julien Chorier et Rayan Sandes, j'essaie de suivre le pas mais ce n'est pas facile .

Je me ravitaille en eau et je repars à la 6 ème place en compagnie du sympathique Freddy Thevenin venu tester la Réunion espagnole . Avec ses qualités de descendeur, j'ai un peu de mal à le suivre, mais je le garde en point de mire . Le trou est fait nous sommes plus qu'une vingtaine aux avant-postes, mon ami Tonio me rattrape avec Sébastien Chaigneau, je n'arrive pas à les suivre dans la montée, je prend un rythme de croisière pour ne pas me mettre dans le rouge. Après 3 heures de course, ma lampe commence à donner des signes de faiblesse, je décide alors de changer les piles,merde elles sont tombées de ma poche, plus qu'une solution être prudent et économiser les batteries. Je passe du phare de recherche à la veilleuse de nuit, cela me ralenti pas mal.

Ouf j'arrive enfin au ravitaillement autorisé par l'assistance, je prends un bouillon et un sandwich de jambon pendant que Anne et Marie me cherche une nouvelle lampe et je repars rassuré à la 16 ème place.
Je continue ma route seul, personne en vu devant ni derrière, je commence à avoir un coup de barre ,et la lampe que j'ai n'éclaire pas bien.

Je cours au milieu d'une végétation très dense en regardant au sol les obstacles qui pourraient y avoir, mauvaise pioche, il fallait regarder en haut, je me prends en pleine tête le tronc d'un cactus qui me met ko technique, plus de son ni d'image, je ne sais pas combien de temps je suis resté au sol, c'est un coureur anglais avec la coupe de Yul Brynner qui me réveille, au début j'ai cru que c'était le Cyr iiiii.

Je repars tranquillement avec un petit mal à la cabesa.
Je retrouve mon assistance au km 56, Steph Agnoli un ami et organisateur de la Maxi Race me dit que je suis 13 ème et que mes 2 copains sont à 12 minutes. Cela me motive et je repars de plus belle, mais pas pour longtemps, mauvaise pioche, je fini par jardiner pendant 20 minute, j'ai raté une bifurcation et me voilà maintenant à la 17 ème place. J'ai 4 coureurs en point de mire, je fais l'effort pour les rejoindre afin de ne pas courir seul, l'aventure c'est bien mais plus on est de fous plus on rit.

Je parcours un bon bout de chemin en leur compagnie jusqu'à la montée du roque Pueblo où là je lâche et me revoilà seul pour admirer les magnifiques paysages offerts par dame nature.
Au km 83 je retrouve toute l'équipe d'assistance, je décide de changer de chaussures car les Rapanuis trop petites commencent vraiment à me faire mal, j'enfile une vieille paire de Stinson one one , "ou la la "que je me sens bien, je décide également de changer l'ultra carrier par un maillot car il commence à faire chaud ,mais impossible de mettre la main dessus, je décide de partir torse nu,mais là, Anne Garcimore me sort, non pas un lapin de son chapeau mais un magnifique maillot floqué Antoine et je repars tout neuf.

A partir de là je ne serai plus jamais seul, je passe mon temps à doubler les coureurs du 42 km partis à 10 h.
Nous sommes en début d'après midi et le soleil commence à cogner, je suis parti avec peu d'eau, le terrain est très technique et demande beaucoup d'énergie bien que j'arrive au km 108 complètement sec , je suis super heureux de voir Marie et Romain, une vraie fontaine de vie s'ouvre à moi.
Plus que 20 km, j'ai vraiment envie d'en finir, je décide de me stabiliser à 11 km/h en regardant ma montre gps les kilomètres défilent, je devine l'océan au loin, km 4 nous voilà en ville, nous courrons dans un lit de rivière enfin moi j’aurai préféré mon lit .

Je commence vraiment à être fatigué, plus que 2 km, une foule d'applaudissements m'accompagne sur les 1000 derniers mètres ,bientôt je vais pouvoir couper le moteur, un dernier effort pour gravir l'arche d'arrivée avec le sourire. J'y suis, je suis super heureux d'avoir fini à la 14 ème place en 16h42, c'était une magnifique waaventure .
Je rejoins mes potes pour les embrasser et les féliciter ainsi que toute l'équipe d'assistance et nous partons manger une bonne pizza bien grasse avec un 1/2 litre de bière bien mérité.
Mes prochains rendez vous, le trail des collines un 42 km le 16 mars puis un 40 km en Italie dans la vallée d'Aoste le 23 mars avant de m'envoler pour le marathon des sables le 4 avril.

Encore de belles épreuves au programme, un grand merci à tous les bénévoles et l'organisation de la Transgrancanaria et un grand merci à toute l'équipe de Waa de nous avoir soutenu .

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